Essai MERAIODE : redonner de l’efficacité à l’iode radioactif dans certains cancers de la thyroïde
Le cancer différencié de la thyroïde est souvent traité avec de l’iode radioactif, qui permet de détruire les cellules cancéreuses après l’opération.
Mais chez certaines personnes, les cellules du cancer ne captent plus l’iode : on dit qu’elles sont réfractaires à l’iode. Dans ce cas, les traitements deviennent plus limités.
L’essai MERAIODE, a voulu voir s’il était possible de redonner à ces cellules la capacité de reprendre l’iode — autrement dit, les "reprogrammer" pour qu’elles redeviennent sensibles au traitement.
Comment ça marche ?
Les chercheurs ont utilisé deux médicaments :
- Dabrafenib et Trametinib, déjà employés dans d’autres cancers comme le mélanome (dans les cancers mutés BRAF).
Ces médicaments bloquent une voie de signalisation (appelée voie MAP-kinase) souvent trop active dans les cancers thyroïdiens porteurs de certaines mutations (BRAF ou RAS).
En bloquant cette voie, on espère que les cellules cancéreuses retrouvent leur capacité à absorber l’iode.
Ensuite, les patients reçoivent une nouvelle dose d’iode radioactif, dans l’espoir que le traitement soit de nouveau efficace.
Qui a participé ?
Des adultes atteints d’un cancer différencié de la thyroïde, avec métastases, et dont la tumeur ne répondait plus à l’iode radioactif.
Les patients avaient des mutations particulières (BRAF ou RAS), et étaient suivis dans des centres spécialisés.
Quels résultats ?
Les premiers résultats sont encourageants :
- Chez environ 9 patients sur 10, la tumeur a recommencé à capter l’iode radioactif.
- Après le traitement, environ 1 patient sur 3 a vu sa tumeur diminuer, et plus de la moitié ont eu une stabilisation de la maladie.
- Les effets secondaires ont été globalement gérables, similaires à ceux connus pour les médicaments utilisés.
Ces chiffres montrent que, pour certains patients, on peut réactiver l’efficacité d’un ancien traitement, ce qui est une avancée importante.
Et maintenant ?
L’essai MERAIODE est une étude de phase II, donc encore exploratoire.
D’autres essais sont prévus pour confirmer ces résultats à plus grande échelle.
Mais déjà, cette approche ouvre une nouvelle voie d’espoir pour les personnes atteintes d’un cancer thyroïdien avancé, qui ne répondait plus aux traitements classiques.
